D’ICI MÊME

Résidence d’artistes sur les quartiers Bel-Air Grand Font à Angoulême

Production Centre social le CAJ et Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image

Le Centre Social Culturel et Sportif CAJ Grand-Font à Angoulême, un centre ouvert.

Dans un premier temps, la proposition est de travailler avec le CAJ sur son histoire, ses actions, son devenir.

Nous observons et participons aux différentes activités du CAJ (Atelier Français Langue Étrangère, atelier cuisine, accueil jeunes, Maison du Projet de Rénovation Urbaine, activités artistiques et sportives…). Nous racontons la vie du CAJ au travers de ses activités. Guidés par les animateurs, nous rencontrons des usagers du CAJ et prenons les premiers contacts avec les habitants.

Dans un deuxième temps, nous leur proposons de se raconter (leur parcours, leur vie, leurs passions, leurs rêves…). Ils nous conduisent à découvrir leur quartier, leurs lieux de vie. Nous découvrons leurs habitudes, nous visitons leur résidence quand c’est possible.

Une archéologie narrative

Quel est cet Ici-même ?

Comment est-on de là ?

Comment y vit-on ?

Comment habite-t-on ce quartier ?

Comment le fait-on vivre ?

Comment est-il occupé ?

Comment le rêve-t-on ?

Quelle est son histoire, ses histoires ?

Tels des archéologues, nous tentons de retrouver des histoires enfouies, oubliées, abandonnées, de redonner du récit aux lieux, aux rues, aux bâtiments, aux espaces publics, et d’en imaginer de nouvelles. Nous fabriquons de la bande dessinée in situ, ici-même. Une bande dessinée inspirée du réel et qui tend vers l’imaginaire, qui pourrait distordre légèrement le réel, le plier, le déplier, le déplacer.

Nous nous appuyons sur l’observation du quotidien que nous mettons en scène, en page. Nous racontons la vie des gens, nous empruntons les histoires des uns et des autres que nous transposons, que nous nous accaparons. Des habitants, des personnes deviennent des personnages. Le quartier devient un décor où se déploient les récits. Le travail documentaire s’imbrique dans une envie de fiction. Nous tentons de flouter la frontière entre réel et imaginaire, de l’effacer petit à petit.

La bande dessinée se mélange

Les aventures phonographiques de la Compagnie Ouïe/Dire se sont mélangées avec d’autres formes d’expressions artistiques notamment la photographie, la vidéo, la danse et le théâtre.

Ici, la bande dessinée s’échappe donc de ses cases, de ses bulles et s’acoquine avec d’autres expressions. Elle s’enrichit, elle s’augmente. Les objets artistiques produits ne sont pas simplement des éditions papier, mais peuvent prendre d’autres formes. Les modes de monstrations s’imaginent au fur et à mesure en fonction des circonstances. Les résultats ne sont pas pensés à priori, en amont. En s’appuyant sur l’équipe du CAJ et son expérience, nous proposons des événements culturels qui permettent à chacun d’appréhender au mieux les travaux réalisés. Il est question d’inventer des situations appropriées plutôt que de mettre en place des projets modèles. Le travail s’élabore à partir de la relation entre les habitants, le CAJ et les artistes. Il se définit dans le quartier et pour lui.

La bande désignée

Pour mettre en œuvre cette proposition, une équipe artistique se constitue réunissant l’équipe de la Compagnie Ouïe/Dire et des auteurs tels que : Laurent Lolmède, Edmond Baudoin, Troubs, Louise Collet, Jean-Michel Bertoyas, Camille de Singly et Marc Pichelin. Cette équipe de base est complétée avec des auteurs Angoumoisins : Morgane Parisi, Laurent Bourlaud, Olivier Balez, Rémy Cattelain, Nicolas Witko…

RÉSIDENCES

Résidences 2021

En 2021, 7 résidences d’une semaine chacune ont été organisées. Les artistes sont hébergés au 55 du bâtiment les Églantines au cœur du quartier. Ils ont travaillé en grande partie avec l’équipe de travailleurs sociaux du CAJ et ont découvert les activités du centre social : accueil jeune, atelier sportif, atelier danse, Maison de l’enfance, épicerie solidaire… Ils ont réalisé un grand nombre de dessins et de prises de sons. Le travail s’est orienté sur la question de comment est-on d’ici ? Comment est-on arrivé là ?

Une première exposition a été accrochée directement sur les murs d’un bâtiment le 24 juin à l’occasion de l’assemblée générale du CAJ.

Les artistes ont ensuite décidé de montrer leur travail régulièrement en réalisant un journal mural. Ce journal directement collé sur un mur (9m x 4m), permet aux passants de venir découvrir le travail. On peut regarder les dessins en grand et lire les textes (portraits d’habitants, comptes-rendus d’activités, observations de paysages…). Le premier numéro de ce journal mural a été installé le 17 octobre 2021 sur un mur du bâtiment les Bergeronnettes à l’occasion de Festival en CAJ. Une version adaptée de ce journal a ensuite été installée à la Cité de la Bande Dessinée.

Résidences 2022

Le travail se poursuit. 6 nouvelles semaines de résidences sont programmées tout au long de l’année. Le travail avec les habitants se poursuit et les artistes vont s’intéresser aux activités du CAJ qui étaient en sommeil pour cause de crise sanitaire : atelier Français Langue Etrangère, atelier cuisine, atelier couture… Ils vont aussi observer la transformation du quartier et les chantiers qui démarrent notamment la construction de la nouvelle école. Un deuxième numéro du journal mural va être présenté sur un mur qu’il reste encore à choisir…